Description du phénomène

La masse d’eau de la baie de la Forêt est en état écologique médiocre, notamment du fait de l’eutrophisation littorale qui constitue un risque de non respect des objectifs environnementaux de la DCE, et dispose d’un délai d’atteinte du bon état à échéance 2021.

Algue verte

Ce phénomène correspond à des proliférations d’algues vertes de type Ulva, qui se développent au printemps et en été par croissance et multiplication végétative d’algues dérivantes. Ces algues sont maintenues en suspension dans la colonne d’eau agitée et peu profonde, au niveau de baies sableuses à pente douce où elles forment un rideau flottant de bas de plage. Le phénomène entraîne des échouages massifs et irréguliers d’algues vertes, couvrant des estrans entiers et pouvant être définitivement rejetés en haut de plage où leur dégradation constitue une nuisance visuelle et olfactive.

Facteurs-AV

Comparé aux autres sites bretons, le fonctionnement des marées vertes en baie de La Forêt apparaît plus complexe car :

  • d’une part, plusieurs espèces d’algues interviennent (Ulva Armoricana et Rotundata en majorité, Monostroma en plus petite quantité)
  • mais surtout, il existe un stock résiduel infralittoral important (>95%)qui implique un étalement des échouages tout au long de l’année.

La mesure estivale du maximum de biomasse d’algues vertes stockées dans un site à marée verte constitue un indicateur de base pour l’évaluation et le suivi des sites. L’estimation en baie de la Forêt pour l’année 2009 donne un résultat (7 400 T) encore supérieur à celui de 2006. Comme en 2006, les dépôts estimés sur l’estran représentent moins de 1 % de la biomasse totale. Cela confirme le statut particulier de ce site dont les échouages irréguliers peuvent être massifs, à l’automne notamment.

Sur le territoire du SAGE, seize sites ont été touchés par ce phénomène dont trois sur vasière au cours des quinze dernières années. Les principaux sites sont localisés en Baie de la Forêt. C’est ainsi, que depuis plus de 15 ans les communes riveraines de la Baie ramassent en moyenne 10 000m3 par an d’algues. Pour la CCPF, les algues sont ensuite transportées à la station de compostage de Kerambris où elles sont mélangées aux déchets verts. Un projet de réhabilitation de cette plateforme (extension de la capacité de traitement et confinement) devrait être opérationnel à compter de l’été 2013. Elle devra traiter à termes l’ensemble des algues vertes échouées sur le littoral du SAGE sachant que la quasi totalité des algues ramassées se situe sur les communes riveraines de la Baie de la Forêt.

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Les nuisances engendrées par ces proliférations affectent fortement l’économie (coût de ramassage et du nettoyage des plages), le tourisme (odeurs nauséabondes de la décomposition des algues sur les plages, déficit paysager) et par conséquent l’image de marque du territoire. Le développement de ces algues vertes contribue également à la dégradation de sa qualité en favorisant également les développements bactériens et par là même un risque pour la santé publique, pour les eaux de baignade et la pêche à pied des coquillages.