Etangs et côtes de Trévignon

Lagune de Trevignon ©M. DE BAETSAvant le 4 mai 2007, la zone Natura 2000 « Dunes et étangs de Trévignon » s’étendait de la pointe de Trévignon  à  la  pointe  de  la  Jument  et  n’était  désignée  qu’au  titre  de  la  Directive  « Habitats ».  D’une surface totale de 727 hectares, elle couvrait 274 ha de domaine terrestre (38 %) et 452 ha de domaine marin  (62  %).  Le  site  englobait alors  l’ensemble  du  périmètre  d’acquisition  autorisé  par  le Conservatoire du littoral. En 2007 et 2008, le site a subi une double modification : une extension marine  et un nouveau statut.

En  effet,  désigné  désormais sous  le  nom  de  « Dunes  et  côtes  de  Trévignon »,  la  zone  s’étend de l’anse de Rospico à Névez (sud-est) jusqu’à l’anse de Saint-Laurent à Concarneau (nord-ouest) et englobe le large de ce linéaire (arrêté du 4 mai 2007). La ZSC s’étale ainsi sur 9 863 ha, dont 9 562 d’habitats marins (96,95%) et 301 d’habitats terrestres (3,05%).

Au large, le périmètre marin s’éloigne d’environ 4 km des côtes trégunoises et concarnoises, et jusqu’à 10 km des rivages de Névez. De surcroît, le site s’est vu attribué le statut de ZPS (Zone de Protection Spéciale) et doit  maintenant  jouer  un  rôle  dans  la  conservation  de  l’avifaune  d’intérêt  européen  (arrêté  du  31 octobre  2008).  La  ZPS  s’étend  elle  sur  9  874  ha,  dont  9 516  d’habitats  marins  (96,37%)  et  358 d’habitats terrestres (3,63%).

La proposition du site de Trévignon pour intégrer le futur réseau Natura 2000 s’est faite sur la base de critères  scientifiques  de  rareté  (présence  d’habitats  et  espèces  d’intérêt  communautaire)  et  d’intérêt écologique. Le périmètre transmis à la Commission Européenne en 1997 reposait sur les inventaires existants à cette époque. Pour la partie terrestre, il s’agissait des Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) de type 1 « Dunes et étangs de Trévignon » et « Pointe de la Jument ». Pour  la  zone  marine,  la  présence  de  bancs  de  maërl,  connue  grâce  notamment  aux  cartographies morpho-sédimentaires de l’Ifremer, a été le critère principal.

La commune de Trégunc a été désignée comme opérateur local pour l’élaboration du document d’objectifs de ce site Natura 2000 ».

Loch-Coziou

  • La Zone Spéciale de Conservation : les habitats

Le  secteur  terrestre  recouvre  un  ensemble  complexe  de  dunes  et  de zones  humides  arrière-littorales. Le cordon dunaire, adossé à une côte granitique et barrant plusieurs talwegs, déterminent l’existence  de  9  étangs  (appelés  localement  « loc’h »)  dont  6  communiquent  épisodiquement  avec  le milieu marin.

Les principaux habitats d’intérêt communautaire sont la lagune côtière (habitat prioritaire), les étangs oligotrophes  à  Littorelle,  les  lacs  eutrophes  naturels,  la  végétation  annuelle  des  laisses  de  mer,  les dunes mobiles et les dunes côtières fixées (habitat prioritaire).

La zone marine fait partie d’un vaste ensemble sédimentaire situé entre la Baie-de-la-Forêt (au nord) et l’embouchure de l’Aven (au sud). Les fonds rocheux à l’ouest du cordon dunaire abritent une flore et une  faune  marine  d’un  grand  intérêt  patrimonial  puisqu’on  y  trouve  un  gisement  de  maërl,  un  des habitats bretons les plus riches sur le plan de la biodiversité.

  • La Zone de Protection Spéciale : les oiseaux

L’intérêt du secteur terrestre repose principalement sur la présence des loc’hiou arrières-dunaires. Ils jouent un rôle majeur dans l’accueil des populations sur ce secteur. Ce sont notamment des zones de gagnage et de remise pour les anatidés, des zones de nidification pour le Grèbe huppé et la Sarcelle d’été, des zones de reposoir pour certains laridés. Ils favorisent également la présence de roselières, indispensables pour le butor étoilé ainsi que pour la halte migratoire du Phragmite aquatique.

La présence d’oiseaux marins d’intérêt communautaire a pour beaucoup appuyée l’extension marine du  site  Natura  2000.  On  y  retrouve  notamment  plusieurs  limicoles  sur  la  partie  côtière,  avec Bécasseaux violets et barges venant s’alimenter et se reposer sur les estrans, et plusieurs couples de Gravelots à collier interrompu nidifiant sur le haut de plage. Le milieu marin joue potentiellement un rôle d’interface  pour  les  populations  transitant  constamment  entre  les  Glénan  et  Trévignon,  comme  les Bernaches  cravants.  C’est  aussi  une  zone  d’alimentation  et  de  reposoir  pour  sternes, goélands, cormorans, harles et autres plongeons.

Pour en savoir plus sur les caractéristiques du site …

Pen-Loch Rappel de la démarche Natura 2000 sur le site

  • Octobre 2003 : la commune de Trégunc est nommée Opérateur local du site
  • 2004-2006 : élaboration du Document d’Objectifs (ZSC)
  • Avril 2006 : validation du DocOb par la Préfecture du Finistère
  • 4 mai 2007 : extension marine du site
  • 31 octobre 2008 : nouveau statut (ZPS)
  • 2011-2013 : nouvelle élaboration du DocOb (actualisation ZSC et élaboration ZPS)

Pour télécharger les documents liés : http://www.tregunc.fr/Mairie/Environnement